PHOTOVOLTAÏQUE
Université de l’autoconsommation photovoltaïque
Publié le 25/09/2026.
« Les premiers plans sociaux dans la filière ont eu lieu du fait de l’absence de visibilité. Aujourd’hui, on nous offre la visibilité du vide », assène un Daniel Bour, président d'Enerplan, très remonté dans son discours d’ouverture de l’
Université de l’autoconsommation photovoltaïque, ce 23 septembre à Paris. D’après lui, les annonces des pouvoirs publics laissent penser qu’il n’y aurait plus d’appels d’offres dédiés au solaire avant un certain temps. La multiplication des décisions allant à l’encontre des intérêts de la filière depuis un an et demi amène Daniel Bour à parler d’une filière « ostracisée » par les pouvoirs publics et qui sert de « bouc émissaire » avant même les élections de 2027. Une situation française à contrecourant des tendances mondiales et européennes qui vont plutôt vers la simplification des procédures pour intégrer davantage de solaire et de flexibilité. Hadrien Clément, cofondateur d’Orion Energies et vice-président d’Enerplan, qualifie la combinaison du photovoltaïque et de la batterie de « disruptive » avec une baisse de 89 % des coûts depuis 2010 pour le solaire et 93 % pour la batterie :
« le solaire a gagné le match mondial ». La situation française s’explique selon lui entre autres par une erreur de prospective en ce qui concerne l’évolution de la consommation d’électricité.
« RTE s’est trompé sur l’évolution de la consommation à court terme », estime Hadrien Clément, avec les 17 GW de data centers dans la file d’attente des demandes de raccordements
« on éclipse d’un coup les exports [d'électricité] de 150 TWh » et la surproduction électrique disparaît. Et de promettre qu’Enerplan
« sera vigilant sur la mise à jour du rapport RTE en fin d’année ». Les tables rondes organisées tout au long de la journée dégagent des lignes de force : les acteurs du solaire sauront inventer de nouveaux modèles d’affaires, notamment grâce au décalage de consommation que permet la batterie. Ils sont également désireux d’expérimenter localement, en partenariat avec les gestionnaires de réseaux et les territoires. La demande de solaire est bien là, chez les collectivités locales, les industriels, les consommateurs. Mais les acteurs attendent que la puissance publique agisse en facilitateur.
« Laissez-nous travailler puisque vous ne nous aidez plus ! », conclut Laetitia Brottier, vice-présidente d’Enerplan, au terme de la journée.